Au Gabon pour se faire entendre il faut être gênant : Martine Oulabou

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Libreville, le 30 Septembre 2021( NVG)- En ce début de rentrée des classes,notre rédaction tient à rendre un vibrant hommage à une institutrice qui a fait du 23 mars la journée nationale de l’enseignant.
A l’époque des faits, Martine Oulabou Mbadinga avait 33 ans.

Elle était enseignante à l’école publique de la Sorbonne de Libreville où elle tenait une classe de CE1. Le jour de son assassinat, le lundi 23 mars 1992 au petit matin, Martine Oulabou se rendait au centre – ville pour participer à une manifestation pacifique organisée par le puissant syndicat dont elle en était l’un des leaders.

Le drame est survenu à l’ancienne pharmacie gabonaise au centre – ville, près de Mbolo. Martine Oulabou et ses camarades sont pris en tenaille par deux cordons de sécurité de l’USI. Sur des ordres de qui l’on ignore, les policiers ouvrent le feu. Plusieurs enseignants furent touchés par le raid de la police gabonaise. La foule des manifestants dispersée, on pouvait voir des corps gisant au sol. Les blessés se comptant par dizaines, le courage et la solidarité d’autres enseignants bravant la fuite, tentèrent de s’occuper de leurs collègues touchés.

Officiellement, deux enseignants seront grièvement blessés : Claudine Agazano ( blessée à la cuisse droite) et André Essonghé ( il se serait foulé la jambe droite dans la confusion des détonations).

Les deux enseignants blessés par balle seront rapidement conduites à la clinique privée Chambrier pour les premiers soins. Mais la jeune Martine Oulabou est si gravement atteinte, qu’elle sera transportée de toute urgence en ambulance à la Fondation Jeanne Ebory sur son lit d’hôpital, elle jettera un dernier regard vers les médecins qui tentaient en vain de lui sauver la vie et ses collègues venus lui rendre visite.

L’enseignante et militante n’y survivra pas. Ce lundi tragique un peu après 10 heures, c’est la fin. La courageuse maitresse d’école s’éteint, brusquement arrachée à l’affection des siens. Martine Oulabou n’avait que 33 ans et elle croyait dur comme fer au combat syndicat. Elle s’était engagée pour une meilleure école gabonaise et elle y perdit la vie, avec pour seule arme un bâton de craie affublé d’un désir ardent de voir son combat porter ses fruits.

Elle laisse sa famille meurtrie et dans l’incompréhension.

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