Mairie de Libreville : Eugène Mba puissance 100 enquête au coeur de l’institution

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Libreville, le 23 Avril 2021( NVG)- Plus de six mois après les remous qui ont secoué la Mairie de Libreville, les observateurs de la vie politique gabonaise étaient attentifs à la suite des événements qui avaient mené à l’incarcération du Maire Léandre Nzué et d’autres haut fonctionnaires municipaux.

Après une transition de trois mois gérée par le premier Maire adjoint Serge William Akassaga Okinda, le conseil municipal à majorité PDG, a confirmé par le vote,le choix du Chef de l’État Ali Bongo Ondimba, en portant Eugène Mba à la tête de la Mairie de Libreville.
L’opinion avait malgré tout marqué leur surprise quant à ce choix du fait que ce dernier, 5e Maire adjoint, n’était pas le plus en vue parmi les Pédégistes de la capitale gabonaise. Sans oublier que d’autres maires adjoints avaient clairement et activement manifesté leur intérêt pour le poste. Mais ils ont été refroidis par les instances du parti démocratique gabonais ( PDG) qui avaient reçu les instructions du Chef de l’État.

En plus d’avoir été en définitive le seul candidat du parti au pouvoir, le fait marquant du jour du vote a été le ralliement des conseillers membres de l’opposition municipale qui ont voté aussi pour Eugène Mba.
100 jours après sa prise de fonction, on commence à mieux cerner la vision du président de la république et le ralliement même de l’opposition à cette candidature.
En effet, l’actuel locataire de l’hôtel de ville de Libreville, fait preuve d’un calme et d’une méthode qui déroute bon nombre de personnes qui avaient encore des doutes.

Dans nos enquêtes, on se rend compte que c’est un produit pur du secteur bancaire gabonais dans lequel il a passé plus de 30 années, terminant haut cadre à l’Union Gabonaise de Banque ( UGB), tout en militant au PDG dans sa circonscription du 2e arrondissement de Libreville.
L’agitation qui a prévalu à la Mairie, durant la première partie de ce mandant ( qui a commencé en fin 2018), a fait que ces qualités de à la fois manager du privé ( donc de rigueur supposé) et son caractère tempéré ont certainement dus être déterminant dans le choix des instances du parti.
Cependant les Librevillois n’attendent pas de leur premier magistrat uniquement un curriculum vitae de qualité et un caractère affable et et tempéré. Ils souhaitent  des actes allant dans le sens de l’amélioration de leur cadre vie.

Qu’a donc fait Eugène Mba pendant les 100 premiers jours de son magistère ?

En se rapprochant des agents municipaux, certains nous disent que les premiers actes posés par l’édile semblent montrer qu’il envisage assainir la gestion de la plus grande municipalité du pays. L’un de ses premiers actes fort apprécié par les agents, fut la suspension de fonction de près de 300 membres du cabinet de son prédécesseur. Parmi les suspendus, un ancien  conseiller de Léandre Nzué, salue l’acte et l’audace. Ce dernier ira plus loin << je suis surpris par le nombre exorbitant des membres du cabinet dont j’appartenais >>. Cela plombait gravement la masse salariale de la Mairie de Libreville.

Certains s’attendait à ce que les pressions politiques poussent le premier magistrat de la capitale gabonaise à la nomination de la clientèle politique en grand nombre. Mais l’homme reste imperturbable. D’ailleurs un militant du 2e arrondissement, agent municipal, nous rapporte que lors d’une réunion dans son fief, << le maire aurait refroidi les prétentions des uns et des autres en déclarant qu’il ne prendra autour de lui que des personnes ayant une compétence avérée technique ou politique, et surtout en nombre  restreint. Car il y a urgence à faire  des économies afin d’assainir la dette CNSS qui bloque le départ en retraite de nombreux agents municipaux et avoir une marge de manœuvre pour investir dans l’amélioration du cadre de vie des Librevillois.

Un peu plus loin, un autre agent municipal nous explique << que les vielles habitudes qui datent de plus 20 ans ont la vie dure à la mairie. Surtout dans les structures participant à la collecte des taxes>>. Cet agent affecté à la Direction Générale des Affaires Economiques ( DGAE), ancienne Direction Générale des Marchés, se pose la question de savoir si le maire de Libreville réussira à bouleverser les nombreux réseaux bien installés depuis plusieurs années aussi bien à la DGAE, où à l’Inspection Générale Municipale ( IGM), avec l’épineux problème des faux quittanciers, la Direction Générale des Finances avec les nombreux membres d’une même famille, la recette municipale, la solde et les reclassement en désordre, la Direction Générale des Ressources Humaines avec la gestion calamiteuse des carrières des  agents,la Direction Générale de la logistique avec une organisation opaque du patrimoine municipal, etc.

Les agents municipaux se plaignent de la rareté des actions sociales à leurs endroits surtout lorsqu’ils sont en difficultés. Ces derniers s’interrogent sur la réelle marge de manœuvre que possède Eugène Mba face à des directeurs généraux et autres directeurs roitelets qui alimenteraient des parrains dans les arcanes du pouvoir.

Une idée de la méthode du maire nous est expliquée par une agent dans l’institution en service à l’IGM depuis 8 ans. Après la nomination d’un cadre de la maison en l’occurrence Max Florent Ndong Moukandjo à la tête de l’IGM, le maire a fait suspendre pendant un (1) mois, entre février et mars 2021, les contrôles et les prélèvements des taxes qui relevaient de ce pan important de la mairie. D’après cette dame, cette suspension a dérangé les acteurs des fameux réseaux qui se << sucraient>> frauduleusement depuis des dizaines d’années.

Certes ce mois de suspension a créé un trou dans les recettes municipales. Mais le maire en a profité en collaboration avec le nouvel Inspecteur Général, pour mettre en place un système avec des quittances traçables et un contrôle rigoureux des équipes de terrain.

Dès la reprise des activités de l’inspection Générale, les résultats ne se sont fait attendre : dès les les premières semaines il y a eu une augmentation record des versements à la trésorerie municipale.

Les éléments véreux, membres de divers réseaux d’influence,ne pouvant plus manoeuvrer aisément ont voulu contourner les verrous. Des enquêtes toujours en cours, en collaboration avec les services de sécurité, ont permis au maire de se faire une idée des pratiques et des réseaux installés ainsi que leurs << parrains>>, qui sont des actuels et anciens dirigeants de l’hôtel de ville, qui agiraient dans l’ombre. Des attaques à travers les réseaux sociaux,veulent faire croire que ces << anciens >> de l’IGM sont des saints et que la nouvelle équipe ne serait pas à la hauteur. Mais la comparaison du niveau des recettes, qui a quasiment triplé, prouve le contraire. Ce qui conforterait le maire dans son action et mettrait en déroute les fameux << parrains >> de ces agents.

D’après un agent de la Direction Générale de l’environnement,le maire subirait des pressions de ces fameux parrains afin de l’empêcher de continuer dans les réformes. Sous prétexte que  » ça a toujours fonctionné comme ça,  » ou   » on va encore faire comment  » …

Toutefois l’agent espère que le maire tiendra bon. Car elle est consciente que plus les recettes s’améliorent mieux son salaire et sa retraite seront garantis. Toujours concernant la retraite, un agent municipal rencontré dans les couloirs de l’institution, nous explique qu’il est normalement en retraite depuis 2019. Mais il n’est pas mis à la retraite officiellement à cause de la dette de la CNSS. Donc il perçoit toujours son salaire, mais ne travaille plus. Il souhaite que le maire ne s’arrête pas en si bon chemin, car à plusieurs niveaux où il y a des entrées financières, il faut un audit et un contrôle permanent. Il espère que le résultat de cette rigueur entrainera plus d’investissements dans l’amélioration du cadre de travail des agents municipaux.

A entendre ces différents agents municipaux, le maire semble avoir leur confiance totale. Les 100 premiers jours à la tête de la mairie de Libreville, vu par ses administrés, ont renforcé cette thèse. Avec la confiance du président de la république Ali Bongo Ondimba, et l’adhésion des agents , on ne peut que souhaiter bon vent et beaucoup de courage au maire Eugène Mba, dans la poursuite des réformes à la tête de la commune de Libreville. Et que les trois années qui restent lui permettent de mettre l’institution sur des bons rails, au grand bonheur des agents et des concitoyens.

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